Partager l'article ! Solweig von Kleist: Une Calligraphie du Mouvement: Peindre, sculpter, graver un c ...
Peindre, sculpter,
graver un corps après l’autre.
Inscrire sur la toile, le métal ou le verre un geste après
l’autre.
Peupler l’espace d’une multitude de corps figés dans
l’effort, la lutte ou la danse.
Pas à pas, Solweig von Kleist construit une étrange
partition où les notes sont des corps placés sur
une invisible portée.
Alors
Solweig s’empare de la caméra ou
de l’appareil
photo.
Image après image elle enregistre chaque position
acrobatique dans un ordre connu d’elle seule.
Enfin surgit sur l’écran la synthèse en mouvement
de tous les corps peuplant l’espace environnant.
La foule en lutte, la masse dansante ou en plein effort
physique tout à coup se fond en un seul corps animé,
agité, comme pris au piège du cadre de la caméra.
Renouant avec l’esprit des pionniers du cinéma
expérimental, Solweig von Kleist explore un monde
prometteur entre les arts plastiques et le cinéma.
Refusant que l’œuvre physique soit réduite au simple
passage obligé vers l’œuvre cinématographique
immatérielle, elle confronte l’une à l’autre dans l’espace
de l’exposition.
Elle démontre ainsi que la synthèse du
mouvement
qu’opère le cinéma n’est pas seulement la somme
des images préétablies: elle révèle autre
chose,
transforme le sens de ce qui était donné à voir.

Partant d’une même calligraphie du mouvement,
de la cohabitation des images fixes et animées
émergent
des sens, des sensations multiples voire
contradictoires
qui renvoient à notre propre complexité d’individu
et
d’être social.
Maurice Corbet
Conservateur aux Musées d’Annecy,
septembre 2003
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